Flux migratoire, terrorisme ou encore différence de niveau de vie entre le Nord et le Sud, les problèmes auxquels nous sommes aujourd’hui confrontés sont complexes. Personne ne peut comprendre notre monde sans en connaître son histoire. Comment saisir toute la dimension du conflit israélo-palestinien sans savoir comment est né Israël ? Comment comprendre les troubles en Afrique sans être conscient des erreurs commises durant la décolonisation, et même avant ? En Valais, l'excellent Philippe Nantermod a déposé un postulat – que le Grand Conseil a plébiscité – demandant que chaque élève, au cours de sa scolarité obligatoire, soit instruit des horreurs du nazisme mais aussi des massacres perpétrés par les communistes, que chaque élève apprenne quel a été le rôle de l'Europe lors de la colonisation, et quel héritage elle a laissé aux peuples colonisés. En bref, le cours devrait donner aux élèves un aperçu détaillé de l’histoire moderne, afin de donner aux étudiants les outils pour comprendre notre monde et ne pas sombrer dans un fanatisme ignorant.
Malheureusement le département de l'instruction publique genevois semble vouloir prendre la direction opposée, en réduisant au cycle d'orientation d'un tiers le peu d'heures consacré à l'histoire et à la géographie, au profit des mathématiques et du français. Ces matières sont certes importantes, mais l'école a aussi pour missions de former les citoyens de demain. Nos pédagogues ne devraient pas l'oublier et regarder un peu plus loin que les tests PISA, qui ne tiennent compte que des résultats de lecture, de mathématique et de science.
Il faut arrêter de toujours voir dans l'histoire et la géographie des branches secondaires dont les heures d'enseignements ne seraient qu'un peu plus que du temps perdu pour les élèves. Ce sont des branches importantes, car des citoyens responsables ont besoin d'outils pour prendre les bonnes décisions, et que la démocratie à besoin de citoyens responsables pour survire.
via Gregory von Niederhäusern

