Elue au Conseil municipal de la ville de Thônex en 1995 puis réélue en 1999 , Isabel Rochat accède au Conseil administratif de sa commune en 2003 ; les électeurs lui renouvelle leur confiance en 2007. Elle sera maire à trois reprises.
A l'automne 2009 elle est élue au Conseil d'Etat de la République et Canton de Genève. Elle dirige le département de la sécurité, de la police et del'environnement
1. « Je crois finalement que je suis de Belgique, même si on ne sait pas très bien ce qu’est la Belgique on peut dire que l’on est Belge. » (Amélie Nothomb)
Savez-vous ce qu’est la Suisse ?
I.R. : La Suisse est par essence un pays multiculturel et multiconfessionnel. Et pourtant, loin de nous diviser, ces différences nous rassemblent, autour d’une volonté suisse, d’une « recette nationale » : une bonne dose de sérieux et rigueur, une poignée d’ouverture, de tolérance et de respect des minorités, le tout relevé d’une pointe d’innovation et de créativité, n’en déplaise à nos voisins. La Suisse c’est avant tout un pays ouvert sur le monde, fidèle à sa vocation internationale, enrichi de l’apport d’étrangers qui ont su s’intégrer dans notre pays et embrasser nos valeurs.
2. Voudriez-vous citer 5 personnages (vivants ou non) qui incarnent votre idée de la Suisse ?
I.R. :?Henri Guisan : pour sa détermination à défendre sa partie envers et contre tous et pour ses formidables qualités de « leader ». Parce que sa personnalité nous rappelle que commander ne se fait pas depuis sa chaise de bureau, mais sur le terrain.
Henri Dunant : pour son ouverture sur le monde et sa détermination à partager les espoirs, les souffrances et les défis de notre temps. Pour son savant mélange de vision et d’action.
Roger Federer : parce que nos héros ne doivent pas seulement appartenir au passé. Parce qu’il incarne cette « Suisse gagnante », dont nous sommes si fiers et dont nous avons besoin.
Emil : parce que la Suisse ne se prend pas trop au sérieux et sait rire d’elle-même.
Doris Leuthard : Parce notre Présidente de la Confédération incarne ce que nous aimons de notre pays : le dynamisme, l’ouverture sur l’autre, la rigueur, l’authenticité, l'élégance et la confiance en l’avenir.
3. « L’art de la politique c’est de savoir où il faut s’arrêter…et d’aller un peu plus loin »?. Allez-vous souvent plus loin ? Pourquoi/Pourquoi pas ?
I.R. : A l’heure des défis que rencontre notre pays, notre mission est de chasser les termes « s’arrêter » et « un peu » de notre vocabulaire. Mon approche de la politique est d’explorer jusqu’au bout tous les voies, avec opiniâtreté, et de rendre possible ce qui est nécessaire.
4. « En politique on succède à des imbéciles et on est remplacé par des incapables. (Clemenceau). ?Un commentaire ?
I.R. : L’exercice politique nécessite une grande dose d’humilité, raison pour laquelle vous ne me verrez pas commenter le travail de mes prédécesseurs, ni celui de mes successeurs.
5. « Etre populaire quand on veut gouverner, cela ne s’est jamais vu » (Raymond Barre)?La popularité y veillez-vous ?
I.R. : Avant chaque élection ! Non, trêve de plaisanteries : si popularité signifie aller à la rencontre des citoyens et citoyennes de notre canton, entendre leurs préoccupations et leur expliquer mes grandes orientations, alors oui, j’y veille !
6. « L’instant de la décision est une pure folie » (Kierkegaard)?. Comment décidez-vous ?
I.R. : Dans la pratique, j’écoute d’abord ce que les gens du terrain ont à dire, je l’intègre dans mon processus de réflexion et je prends une décision.
Mais j’aurais envie d’ajouter à l’attention des éternels indécis : « l’instant de la non-décision est une pure folie ».
7. Pensez-vous qu’un jour la Suisse adhérera à l’Union européenne ? Le souhaitez-vous ?
I.R. : Je pense que la Suisse arrive lentement au bout d’un système qui lui a longtemps profité. Et qu’il est temps que nous changions d'approche, même si le chemin bilatéral reste à court terme la seule voie politiquement praticable.
8. Le système démocratique suisse est-il viable à long terme ? L’aménageriez-vous ? Comment ?
I.R. : Toute bonne chose à ses limites et ses abus : le système démocratique est viable si nous l’utilisons à bon escient et que nous restons dans les vrais débats. La tentation de recourir à des referendums et initiatives à caractère populiste me semble nuire grandement à l’ambition de nos pères fondateurs, à savoir une participation citoyenne éclairée aux défis politiques essentiels.
9. Vos refuges pour vous extraire des turpitudes de la politique (famille, musique, voyages…….)
I.R. : Lac ou montagne. Mais toujours en famille.
10. Dans l’exercice de la politique avez-vous déjà eu peur ? (exemples…commentaires)
I.R. : La peur ne fait pas partie de mon vocabulaire politique.
11. Le doute est-il une qualité nécessaire à l’exercice du « métier politique » ?
I.R. : Le doute est essentiel à l’exercice politique. Car pour le surmonter, on est forcé de faire tout un travail de travail de « vérification » et d’aiguiser son intuition. Cela nous met alors en mesure de défendre une position avec détermination et conviction.
12. La question que vous auriez aimé qu’on vous posât ?
I.R. : La sécurité est-il un « dicastère maudit » ? La réponse est définitivement non ! C’est un formidable défi que je suis déterminée à relever. Pour défendre le premier droit de chaque Genevoise et Genevois.
Par Pierre Losio, député au Grand Conseil genevois, Les Verts
Publié le 08.09.2010 sur http://toutpasse.blog.tdg.ch

